mercredi, 23 avril 2008

Picasso, encore et toujours...

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le musée Picasso de Paris est en travaux, au grand bonheur du Reina Sofía qui a la chance de pouvoir hériter un temps (jusqu'au 5 mai) de ses œuvres. L'union des deux collections (le musée espagnol possède déjà certaines des plus belles oeuvres de l'artiste) est explosive.

rien d'étonnant à apprendre que l'exposition a déjà battu le record d'affluence avec 10.000 visiteurs par jour, durant la première semaine. et si cela continue, elle pourrait faire partie des expositions les plus visitées en Espagne en 2008. suspense.

organisée en 4 tranches de vie, pendant lesquelles Picasso a crée intensément (cette phrase pourrait être un pléonasme tant sa production artistique est exhaustive), cette rétrospective met en lumière des œuvres géniales de l’artiste, mais aussi ses œuvres plus personnelles.

la période bleue d'abord (1895-1924), Picasso dans toute sa splendeur monochrome. C’est une vague de désespoir - il perd son ami Carlos Casagemas - et de solitude - jeune peintre exilé à Paris - que l'on ressent, tout particulièrement dans l'observation de son autoportrait. il a 20 ans, il en paraît 40. C’est aussi une grande tristesse qui s’exprime notamment à travers la gravure "La comida frugal", portrait d'un couple miséreux et "La Celestina", peinture hautement énigmatique.

mais Picasso renaît, fréquente des poètes tel Apolinaire, des peintres tels les catalans de l’avant-garde espagnole, sculpte des têtes de femmes et des masques primitifs (1906: on est en pleine découverte de l'art africain) et peint "Trois figures sous un arbre", Cézanne n'est pas loin.
Déjà la stylisation des formes, leur géométrisation au "détriment" du naturel.

Puis vient leur désintégration avec notamment la sculpture "Tête de Fernande" (1909). Le cubisme est né. Il se fera analytique et hermétique.

1920: Rencontre d'Olga, la ballerine. Picasso entre dans sa période néo-classique (1923), prend en maturité et commence l'étude des "Demoiselles d'Avignon" (les études présentes satisfont notre curiosité...mais pas notre soif de voir le tableau, qui est au MOMA à New-York).

1925 est une année clé (début de la deuxième période), les sculptures de têtes de femme foisonnent, elles sont magnifiquement exposées, isolées au centre de haut cubes blancs, puis vient la gaieté de la série des baigneuses, Picasso passe alors ses étés à Dinart en Bretagne.
La violence sexuelle de "Figures au bord de la mer" surprend quelque peu, fascine et frôle le surréalisme.
La confrontation des deux tableaux illustrant une femme sur chaise rouge est également fascinante.

1934: Rencontre de la très jeune Marie-Thérèse. muse de son inspiration, il sculpte son visage, le déforme.

Troisième partie, 1936-1951. Picasso est magistral, il se révèle victime et bourreau avec les représentations du Minotaure. Celles des taureaux et des chevaux déchirés et souffrants sont violemment expressives. il culmine avec Guernica. Les photos de mutilés de Zimmermann ajoutent à cette partie une touche de réalité brute. Étrangement, on doute. Laquelle des deux violences est la plus dérangeante?

Picasso dira "La peinture est une arme, il faut s'en servir". La guerre sera son adversaire.

Puis viennent les portraits de Dora Maar, femme fatale; de Marie-Thérèse, femme candide; et de Nush Eluard, femme distinguée. Les couleurs sont magnifiques et les personnalités se devinent.

Dernière partie de l'exposition, qui respire la liberté, la sérénité acquise du peintre, auprès de ses enfants et de Françoise - à voir absolument les trois portraits d'elle, successivement au crayon, carbone et pastel.
Mais pas de répit pour Picasso, jusqu'à dernier souffle, qui n'aura eu de cesse de créer encore et toujours, de transformer cette réalité en "autre chose".

samedi, 29 mars 2008

la survie d'un Palais

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bon ok, il aura fallu à peu près 10 ans pour finir de le rénover. mais qui a dit qu'en Espagne les choses se faisaient rapidement? et puis, qui a dit que c'était chose facile?

pas moi.

Philippe IV d'Espagne, homme politique médiocre mais immense mécène fit édifier le Palais du Buen Retiro, à Madrid. Aujourd'hui, il n'en reste presque rien, si ce n'est, entre autres, le Casón du Buen Retiro, lieu de réception royal.

pour célébrer sa ré-ouverture, on peut le visiter en accès libre (!!) et admirer la magnifique voûte peinte à la fresque par Luca Giordano (1634-1705), grand peintre baroque de son époque.

Ce dernier fût, malheureusement plus connu pour la qualité de ses copies "Alla maniera di" que pour son talent, qui lui, était authentique. Il s'amusait d'ailleurs à ne pas signer ses oeuvres copies afin de porter à confusion le public.

Pour en revenir à la voûte, je ne peux malheureusement pas trop vous en parler car le jour de ma visite, j'étais prise d'un fort torticolis, ce qui m' empêcha d'observer méticuleusement l'oeuvre...

mais si vous vous promenez au Retiro, pensez à vous arrêter au Casón, les gravures, peintures et la voûte valent le détour.


Où, Quand, Comment?

Évènement : LUCA GIORDANO AU CASÓN DU BUEN RETIRO
Type : Exposition en accès libre
Lieu : CASÓN DU BUEN RETIRO, MADRID
Dates : 21 février au 4 mai 2008

dimanche, 23 mars 2008

l'autre Velásquez

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on ne présente plus Diego Velásquez. Plus grand peintre du baroque espagnol (XVIIè s.), fameux pour ses portraits royaux (Les Ménines), Philippe IV le nommera peintre du roi. Et aujourd'hui, le prix d'arts plastiques le plus convoité en Espagne, porte son nom.

L'exposition au Prado qui lui était consacrée a cela de particulier qu'elle présente autre chose que ses portraits royaux...mais quoi donc?

je vous sens intrigués.

Apollon annonçant à Vulcain l'adultère de sa femme Vénus, Bacchus triomphant, les fils de Jacob se présentant à leur père pour l'informer de la mort de son fils préféré (alors qu'ils l'ont vendu eux-mêmes), Vénus se regardant dans un miroir, voici quelques scènes peintes magistralement par Velásquez, sous l'influence de Rubens, Le Caravage, El Greco ou encore Dürrer.

Le naturel de ces peintures et leur réalisme sont poignants. Et ils le sont encore plus lorsque Velásquez aborde la fable religieuse. Quoi de plus émouvant que "La tentation de Saint Thomas" ou ce dernier, épuisé et effondré, se laisse consoler par deux anges, alors qu'il vient de lutter victorieusement contre la tentation de la chair? Quoi de plus spectaculaire que "Le couronnement de la Vierge", représentation de la gloire céleste, empreint de baroque italien, muni des plus beaux pourpres violacés et bleus.

mais je vais bien me garder de vous parler des deux plus belles histoires peintes, présentées à la fin de l'exposition, et qui font partie de la collection permanente du Prado...les dés sont jetés!

samedi, 09 février 2008

un oeuf de bois

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si je vous dis qu'en ce moment, au coeur du retiro à Madrid, dans le magnifique Palacio de cristal, repose un oeuf en bois géant...me croyez-vous? difficile. mais vrai!

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Organisée par le Musée Reína Sofia, cette "exposition" de l'oeuvre de l'artiste Andy Goldsworthy est vraiment curieuse. Tout d'abord, de l' exterieur du palais, curieuse impression que cette montagne de bois en forme d'igloo occupe presque tout l'espace. Ensuite, de l'intérieur, on peux rentrer dans ces "entrailles de l'arbre". il n'y a rien là-dessous si ce n'est une sensation bizarre de voir le monde et sa lumière de l"intérieur".

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je m'incline devant la prouesse technique qu'a dû représenter ce montage. les troncs d'arbre entiers et intacts gigantesques, courbés - je ne sais grâce à quel outil - afin d'adopter la forme ovale.

En las entrañas del arbol

dimanche, 23 décembre 2007

assez du rococo!

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finesse, beauté, douceur, simplicité, voila tout ce qui vient à l'esprit lorsque l'on observe les délicats objets d'art présentés à l'exposition "Le goût à la grecque. Naissance du néoclassicisme français." au Palais Royal de Madrid.

des artistes influencés par leurs voyages en Italie, un Roi favorable aux arts, des mécènes tels que Madame de Pompadour, Madame du Barry, ...un savant mélange de circonstances qui virent le style rococo - présent depuis le début du XVIII è s. dans les demeures et palais - remplacé (v. 1760) par le style néoclassique, inspiré des découvertes des merveilles de l'Antiquité telles les statues, les fresques, les temples.

l'exposition, en plus d'avoir lieu dans les grandes salles majestueuses et épurées du Palais Royal, est une vraie merveille tant par la beauté des objets exposés que par leur variété. tiens voici un tondo* de Psyché surprenant l'Amour qui dort, et là, un vase Duplessis, des porcelaines de Sèvres...! et ceci sans fin, des orfèvreries, des vaisselles, des gravures, des sculptures, des meubles, des tabatières (mes préférés, au-dessus, un écusson, au-dessous, une scène antique finement peinte), des tapisseries.

en bref, un vrai régal pour les yeux si vous aimez le Beau. de plus, le prestigieux nom du Louvres est associé à cette exposition puisque de nombreux objets proviennent de ce musée.

* tableau de forme ronde

samedi, 17 novembre 2007

à mi-chemin entre l'artisan et l'artiste

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La vie de Albert Dürer (1471-1528) illustre parfaitement les changements opérés durant la Renaissance sur les statuts des artistes. Et l'exposition au Musée Thyssen-Bornemisza, "Dürer et Cranach, Art et Humanisme dans l"Allemagne de la Renaissance" nous illustrent ces changements.

En effet, cette "révolution" intellectuelle - qui eut lieu principalement en Italie et dans les Flandres - bouleversa la vision de l'homme sur lui-même, ce dernier n'est plus dépendant de forces obscures et malveillantes mais il se situe dorénavant au centre du monde et de la nature.
L'"artiste" y était avant tout, un artisan et sont là pour le prouver les orfèvreries de Nuremberg (haut lieu de l'artisanat allemand à la fin du XV è s.).

Seulement voilà, Dürer - comme beaucoup d'artistes de l'époque - part en Italie découvrir les chefs d'oeuvre architecturaux de l'Antiquité. Il en revient convaincu que l'artiste est un intellectuel, et non pas un simple artisan, il se fait même peindre comme tel (fière allure, riches atours). Et bien entendu, sa peinture est marquée par l'influence d'italiens tels que Bellini et Mantegna.

Inévitablement, sont présentes plusieurs estampes majeures de l'artiste, bourrées de symboles, et appliquant scrupuleusement les découvertes récentes de la géométrie et de la perspective, il s'agit – entre autres - de 3 représentations des tempéraments de l'Homme: la Mélancolie, la Ferveur chrétienne, l'Intellectualisme.

Malgré le fait que les oeuvres de Albert Dürer occupe en grande partie l'exposition, un deuxième artiste allemand, non moins important, y trouve sa place, il s'agit de Lucas Cranach, l'Ancien dont les oeuvres sont particulièrement expressives au regard de l'époque.

La salle dédiée à la sorcellerie, aux scènes mythologiques (Samson et Dalila), aux femmes fatales (thème nouveau à l'époque qui n'aura de cesse de s'amplifier) est intéressante, c'est grâce à ces oeuvres que les humanistes et la petite bourgeoisie s'ouvrirent à l'art, exclusivement réservé jusqu' alors à la noblesse.

Je recommande cette exposition à un public averti et informé un tant soit peu de l'histoire de l'art, dans le cas contraire, il m'a semblé que l'exposition manquait de démagogie, audio guide inclus.

samedi, 27 octobre 2007

tu veux mon portrait??

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60 portraits en moins d'une heure...cela fait moins d' 1 minute par portrait...rapide? pas assez rapide? ça dépend. du portrait. c'est vrai, une exposition de portraits, ça peut être rébarbatif.

mais si ce sont des portraits modernes..? qui nous évitent le roi à cheval.
des portraits surréalistes et cubistes? de Dalí, Juan Gris, Blanchard.
des portraits de tous types de personnes? pas seulement d' aristocrates.
des portraits qui expriment de "vrais" émotions? et non pas une mine simplement figée.

ah là! c'est autre chose.

l'Académie Royale des Beaux-Arts de San Fernando, en plein coeur de Madrid (C/Alcalà), organise une exposition sur le portrait moderne en Espagne.

tous les artistes de l'avant-garde espagnole y sont présents. chacun y va de son style. c'est amusant.

on y voit un panel complet de la société de l'époque: aristocrates (bien entendu, ils étaient les premiers à pouvoir se le permettre), militaire, architecte, avocat, famille au complet, pauvre (Nonell, spécialiste dans le domaine), autoportrait, enfant.

le plus connu: La Chanteuse, de Juan Gris.
mon préféré: El pintor Lekuona, de José Sarriegui
le plus mystérieux: Madrileña, de Hermen Anglada Camarasa

vendredi, 26 octobre 2007

une rétrospective réussie: Paula Rego

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la rétrospective de Paula Rego au Reina Sofía est réussie! on aime ou on aime pas son art figuratif, on ne peut qu'acquiescer devant la vaste couverture du chemin parcouru par l'artiste et de son évolution, très marquée par ses révoltes (la dictature de Salazar), son amour (son mari gravement malade), ses convictions (le drame de l'avortement clandestin au Portugal), entre autres.

tout d'abord Paula Rego, jeune portuguaise de 15 ans part à Londres (années 50), les premiers tableaux sont académiques (études à la Slade School of Fine Art), rien de forçémment original ni impactant. puis la jeune artiste se met aux collages. ils expriment une grande révolte, un tourment (tout est sans dessus dessous, on dirait du kandisky mais en collages) mais toujours...sous contrôle (les couleurs sont douces, enrobantes, rassurantes).

ce n'est qu'une fois la quarantaine passée (années 80), mariée avec trois enfants, ayant perdu un père aimé, que Paula Rego se révèle, se "lâche". cela donne des acryliques sur papier immenses (3m de haut, 2m de large) avec un déroulement à la bande dessinée, les oeuvres sont chargées de pulsions sexuelles, de violences, un mélange de femmes et d'animaux vils.

le trop-plein émotionnel "résolu", Paula Rego peint la longue déchéance de son mari. elle concrétise là son propre style, dont l'apogée sera atteinte avec "Le Bal" (cf. photo introductive). des personnages massifs tout en proportions, expressifs, des traits clairs et marqués, des lumières qui se projettent en diagonale, des ombres nettes. tout fait au pastel, technique qui lui permettra d'allier "le doigté de la peinture, et la spontanéité du dessin".

enfin à partir des années 90, Paula Rego n'aura de cesse de peindre des femmes (son modèle: Lila, celle qui fut l'infirmière de son mari), à croire qu'il n'y avait plus qu'elles. des femmes chiens, des ballerines disgracieuses, des femmes face au drame de l'avortement, des femmes de tous les âges...et lorsqu'elle peint un homme, c'est un homme-enfant, entouré de femmes. étrange.

évidemment, il y a aussi les nombreuses gravures (qui rappelle les Caprichos de Goya), les livres, les références à l'art classique (La Fuite en Egypte), à Dali (La Fenêtre), à Francis Bacon, William Hoggart.

la rétrospective de Paula Rego est exhaustive (en 97, furent organisées deux rétrospectives de l'artiste...aujourd'hui, elles semblent légèrement dérisoires) et chargée en émotions, en images dérangeantes, les oeuvres sont grandes, c'est un moment intense. avis aux endurants!

lundi, 01 octobre 2007

un extrait de printemps en septembre

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la bonne toulousaine que je suis ne pouvait pas ne pas écrire un petit peu sur le printemps de septembre à Toulouse.

la bonne écolière que je suis s'est donc présentée à la visite guidée du musée d'art moderne & contemporain des Abattoirs.

soyons sincère, il y a quinze jours j'y étais allée (le festival n'avait pas encore commencé) et j'ai été assez déçue puisque je n'y ai trouvé qu'une expo sur le rugby (.) et...sur les arts premiers!! (dans un musée d'art contemporain!!) vous l'aurez deviné, les lances de chasse et les masques zoulous, c'est pas mon truc.

j'étais repartie légèrement déçue mais avec une envie de deuxième chance, c'est sans doute un peu ça, l'Amour.

donc le Printemps de Septembre aux Abattoirs, c'est par exemple Sophie Dubosc qui prend un objet et qui le détourne de son usage conventionnel. Cela donne une exposition de petites tables d'école trouées en leur milieu (et comment on prend des notes maintenant?), des bottes de pluie remplies d'huile (ça fait mirroir, on se voit dedans mais bon, il est hors de question de mettre son pied dedans...), un rideau bleu profond très théâtral d'un côté et blanchâtre, figé par du ciment de l'autre. tout cela est un peu surréaliste n'est-ce pas?

et puis il y a cette instalation appelée "poste de contrôle", glacial. un ensemble supporté au milieu par des colonnes antiques mais entouré de parois grises largement inspirées de celles du vaisseau de startrek. sur le sol, sur le lieu de passage (c'est un poste de contrôle, on y fait - en principe - que passer) des carcasses de poubelles, des choses grises non-identifiables. même le nid d'oiseaux, caché aux yeux de l'inattentif, seul élément organique et vivant, est triste. bref j'ai eu un peu de mal (ça doit se sentir) à accueillir cette oeuvre.

heureusement il y a les salles de peintures abstraites de la brésilienne Camila Oliveira, pleines de référence à Mondrian et au pop-art. c'est dommage, au début l'artiste avait mis le triple de tableaux qui y sont exposés. selon notre guide, le musée a modifié cette exposition aux motifs que "l'on ne transforme pas l'espace en oeuvre"...ah bon? pourquoi pas?

j'ai particulièrement aimé l'oeuvre "speech", un grand tableau blanc avec en haut à gauche des gros guillemets de machine à écrire. en le regardant, j'avais envie de prendre mon souffle et de dicter ou de parler.

et puis il y a le monde "marin" de Julien Laforge, les peintures baveuses, à même le mur de Emmanuelle Castellan, la violence de l'oeuvre "refuge" de Stéphane Thidet (une maisonnée en bois dans laquelle il pleut des trombes), les tatouages muraux de Myriam Mechita (reproduction en énorme, à même le mur de tatouages de prisonniers russes...autant vous dire que c'est pas très gai).

un regret: ne pas avoir pu visiter les autres lieux d'expositions (bazacle, jacobins, capitole).

Toulousains, Toulousaines, je vous prie d'y aller...c'est à ne manquer sous aucun prétexte (sauf match de rugby...quelle indulgence).

mercredi, 12 septembre 2007

la nuit des galeries

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la nuit des galeries à Madrid (également à Barcelone), c'est avant tout...une très bonne idée! c'était mercredi dernier et jusqu'à minuit, les portes des quelques 43 galeries d'art du centre ville étaient ouvertes au grand public.

en principe elles le sont toujours (ouvertes au grand public) mais pouvoir y accéder la nuit et savoir qu'on ne va pas être le seul - dans cet espace "solennel au vide troublant" (ndlr) - à observer d'un air méfiant les oeuvres exposées (il est connu ce peintre? c'est qui d'abord?) et bien ça donne de l'assurance et de l'audace!

en effet, contrairement aux musées, généralement détenteurs de valeurs sûres, dans la mesure ou on ne dépense pas l'"argent du peuple" dans des artistes naissants; les galeries d'art, elles, peuvent tout à fait se tromper dans leur choix.

ce qui, pour ma part, a éveillé une grande indulgence...mais surtout une grande curiosité. suivant "de loin" l'itinéraire présenté par le petit journal, j'ai donc commencé ma nuit par la galerie ANNTA ou il m'a semblé que l'originalité dans l'usage des supports et des techniques de réalisation (planche bois, fer; collagraphie, collage digital) sous-tendait l'idée de l'exposition. j'ai particulièrement aimé le "Barcelona" de Beatriz Díaz Horcajo, plein de couleurs pastels et de formes architecturales différentes, très proche de la réalité, avec des mini-scènes de la vie quotidienne illustrées par des personnages tout droit sortis de dessins d'enfants. j'en connais une à qui cela aurait plu.

A remarquer: l'architecture de la galerie, vaisseau spatial cylindrique incliné, percé d'un espace au milieu dans lequel loge l'escalier qui mène au sous-sol et au premier étage.
Ambiance: pas d'ambiance, il n'y avait personne.

gros coup de coeur pour les oeuvres de Sylef à la Galería Sen, qui peint des scènes de voyages imaginaires - à mon avis, largement inspirés de Cuba - des immeubles bariolés, des autochtones dilettante, des taureaux espagnols en fond de toile. tout cet ensemble d'éléments exotiques est joyeusement accompagné de bouts de papier collés sur lesquels l'artiste s'exerce à l'écriture et nous racontent ses impressions de voyageur...imaginaire. mais il n'y a pas que les voyages, il y a aussi le thème du petit soldat, perdu dans la nature. est-ce un parallèle? à un moment donné, on peut lire "my body somewhere among other bodies trying to make my way through".

Ambiance: mélange joyeux de BCBG et de curieux. une grande animation! assez drôle.

la galerie Olivia Arauna, la plus imposante à première vue, vitrine fumée, porte de 4 mètres de haut...on entre dans un temple contemporain. et là, se faufile au sol, sous nos yeux, un immense tuyau transparent, tel un serpent, dans lequel circule du liquide rouge (du sang? du vin?), pas un bruit sinon celui du liquide qui s'écoule dans un tonneau en métal. on suit le mouvement du tuyau (ou plutôt du liquide) jusqu'à une deuxième, puis une troisième pièce. c'est l'instalation Montalcino de l'artiste Per Barclay. c'est langoureux, fascinant et cela dégage une légère odeur douce-amère.

Ambiance: anesthesiante.

la galerie Max Estrella, bruyante, pleine de jeunes branchés, verre ou petit four à la main, et yuppies quarantenaire. sans doute tous venus se prélasser sur la reproduction de plage (avec du vrai sable!) de Eugenio Ampudia.

A voir: les 3 tableaux à l'encre rouge représentant la mer, ses vagues et des cadres en train d'échouer sur le bord (quand on s'y penche, ce sont les oeuvres phares de Courbet, Van Gogh, Gauguin).

et tant d'autres, telles que SUMMA (Luis Gordillo, Guinovart, Teixidor.

Je déconseille: Galerie Arnès y Röpke exposant Sigmar Polke. cela m'a semblé pauvre, inachevé et vide de sens.

le bilan: à part quelques ampoules, une belle entrée en matière sur l'art "du moment" à Madrid. affaire à suivre...

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